Le saviez vous ?

II nous est apparu intéressant, au sein du Comité qui fait vivre Ia gazette, de créer une rubrique Histoire, afin que les habitants de Beaufort puissent s’approprier un peu du patrimoine de ce village du Revermont dans lequel nous vivons.

Nous passerons rapidement sur la préhistoire, les démêlés entre Celtes et Romains et les grandes invasions burgondes, francs et autres alamans. Nous n’entrerons pas dans le détail de la naissance de la Lotharingie, cette-bande de terre qui s’étire du nord au sud de I’empire de Charlemagne et qui détient en son centre le Jura. Nous nous arrêterons pour laisser parler Alphonse Rousset.

Notice historique : extraits du dictionnaire d’Alphonse Rousset

Beaufort est nommé dans les chartres Catrum Belli-Fottis, Burgus Betti-Fortis, Ecclesia Belti-Fottis, Belfort, Bealfort, Beaulfort, Béfort. Il doit son origine à son château-fort bâti au Xllème siècle par les religieux de Gigny pour la protection des vastes domaines qu’ils tenaient de la libéralité du comte de Bernon, des sires de Coligny et des seigneurs de la maison de Montmorot. Milon de Beaufort, châtelain
nommé par ces religieux, assista comme témoin à la donation faite en 1131 par Humbert, sire de Coligny, à l’abbaye du Miroir. C’est le premier acte dans lequel figure le nom de ce lieu.
La seigneurie de Beaufort, après avoir été décorée du titre de baronnie, fut érigée en comté avec Crèvecoeur, au mois d’avril 1742. Les habitants de Beaufort, l’Etandonne, Rambey, le Perron, étaient tenus au guet et garde, à la réparation et à I’entretien du château, ainsi qu’à divers impôts et prélèvements sur les produits de I’agriculture et élevage.
Le seigneur avait le droit de placer des carcans, un signe patibulaire à deux piliers pour l’exécution des criminels, de nommer tous officiers pour
I’exercice de sa justice.

Le château de Beaufort était construit sur une éminence. Il comprenait 18 chambres à cheminée, une foule de cabinets, une chapelle dédiée à Saint Georges, deux belles caves voûtées, de vastes greniers, deux prisons et de vastes dépendances, le tout clos de murailles et couvert de tuiles plombées.

Le château devint le germe d’un bourg qui se forma à I’entour. ll n’y eut jamais une grande agglomération d’habitants comprise dans son enceinte. ll se composait principalement du château, de la maison forte de Crèvecoeur, de celle des Germigney et de quelques autres maisons habitées par des vassaux. Les serfs construisirent leurs cabanes au pied de la montagne, mais à une distance assez rapprochée pour
pouvoir facilement se retirer dans le bourg en cas de guerre et d’éminent péril. L église paroissiale était dans ce dernier quartier, appelé la Ville.

En 1793, les paysans de Beaufort, entraînés par quelques énergumènes, se ruèrent sur ce château, le mirent au pillage et le ruinèrent tellement, qu’aujourd’hui on a peine à en retrouver les traces.

Commerces anciens :
Une halle couverte en tuiles : C’est dans cette halle que se livraient des dîmes, que se tena¡ent les audiences. Ce bâtiment existe encore au-devant de la mairie.
Maladrerie : un hôpital pour les lépreux crée au Xlllème siècle par Jean de Dramelay, seigneur de Beaufort. Son emplacement porte encore le nom de Malatière ou de Malière.
Hôpital pour élever cinq pauvres enfants des deux sexes. Les jeunes gens devaient y être nourris, vêtus et élevés de 5 à 14 ans, et 12 ans pour les filles.
Loge : Au moment des pestes de 1636, on créa un bâtiment pour isoler les pestiférés. Son emplacement porte aujourd’hui le nom de petite Loge.
Eglise et familiarité : l’église fut bâtie par les religieux de Gigny avant 1260.

Sujets patentables (ancienne taxe professionnelle) : un exploitant de carrières, un charpentier, un coquetie, un agent d’affaires, trois cordonniers, un teinturier, deux marchands de tissus, un charron, quatre boulangers, quatre aubergistes, un forgeron, deux bouchers, neuf cafetiers, deux sabotiers, deux blatiers (marchands de blé), cinq menuisiers, deux maréchaux-ferrants, deux marchands épiciers, un marchand de fer et de planches, deux tailleurs d’habits, un marchand quincailler, deux maîtres maçons.
ll existe également deux tuileries, trois moulins à farine à trois paires de meules, un autre à une seule paire de meules, trois à chaux maigre et grasse.

ll y a tous les mercredis un marché où il ne se vend que du beurre, des œufs et de la volaille et tous les ans cinq foires fixées au 15 mars, au 9 juin, au 15 août, au 15 octobre et au 22 décembre.

René Genty